De l’autre côté de l’aiguille

Si vous me suivez un petit peu sur les réseaux sociaux, vous n’avez pas pu passer à côté du tsunami qui nous a renversé. Le mois dernier, mon Just A a été hospitalisé.

Moi la pro de l’aiguille, l’infirmière dévouée et passionnée, est devenue maman paumée dans les couloirs qu’elle arpente toute la journée. Je vous raconte.

 

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Un après-midi j’ai trouvé mon Just A bizarre en rentrant du boulot. Et effectivement, 2h après il a commencé à vomir en très TRÈS grandes quantités.

Une fois, « c’est peut-être le goûter qui est mal passé. » Deux fois, « c’est bizarre, tu ne l’a pas vu manger quelque chose de particulier ? » Trois fois, « il n’est pas tombé ? Si ça se trouve il fait un trauma crânien. » Quatre fois, « prépare un sac, on part à l’hôpital. »

Nous voilà donc aux urgences un vendredi soir, en attente derrière trois poivrots, un panaris, deux gastro, une mamie tombée qui attend une radio, et un indéterminé qui pète le feu.

Haïssez moi mais après 2h d’attente dans mes converses pleines de vomi, j’appelle ma copine et je passe devant tout le monde.

Nous avons donc été vus rapidement, par le médecin des urgences, même si j’aurais préféré voir un pédiatre. Surtout que nous en avons croisé un après dans le couloir, il n’avait sans doute pas envie de se déplacer… Bref, le doc a examiné mon Just A puis est sorti de la pièce sans un mot. Il est revenu 2 minutes après en nous demandant s’il s’agissait bien de « l’enfant qui avait été en contact avec un cas de méningite ». Nos cœurs se sont donc arrêtés et nous voilà en train de balbutier que l’on en sait rien, qu’il est à la crèche donc ça se pourrait, mais qu’ils ne nous ont rien signalé… C’est alors qu’une infirmière est venue le chercher en lui disant que non, il confondait avec un autre enfant. Re-battements de cœur. Ouf.

On est vite sorti, après une grosse frayeur et finalement un simple diagnostic de gastro-entérite.

Avec quand même un très rassurant « on ne peut pas vous garder, mais s’il y a le moindre signe ou qu’il continue a vomir malgré le traitement, vous vous dépêchez de revenir ». Ok, merci.

Nous avons passés une nuit affreuse entrecoupée de beurb et de eurk. Et c’est donc à 7h que je me suis pointée directement en pédiatrie avec mon sac à main, mon sac à langer, mon essuie-tout dans une main, et mon Just A sur l’autre bras. Je leur ai expliqué mon cas, il était hors de question que je repasse par les urgences, je voulais voir un pédiatre, et j’en ai vu un.

Mon bébé était trop mal, trop déshydraté, trop faible, trop fiévreux. On allait devoir rester hospitalisés et le perfuser. Appel à Superdaddy : « laisse tombé le boulot et rapplique ».

On nous installe dans une mini chambre et l’infirmière arrive «  Tiens Céline c’est toi ? Comment vas-tu ? Et ta petite dernière elle va bien ? Oui oui, je suis contente de te voir. Donc c’est toi qui va perfuser mon fils ? » Le stress dans mes yeux, la pression dans les siens. Arrivée salvatrice de Supperdaddy.

Je la vois arriver peu de temps après avec le matos. Les aiguilles que j’utilise quinze fois par jour m’ont l’air d’avoir doublées de longueur dans la nuit. Je l’imagine déjà dans la main de mon tout petit, j’ai envie de pleurer. Ha ben tient, je pleure en fait. Je sors. Je ne suis pas aidante, je vais le stresser plus qu’autre chose. J’entends Superdaddy le rassurer derrière la porte, et Just A hurler comme jamais. Je m’éloigne, m’assois par terre contre un mur, me laisse déborder par mes sanglots. Puis me relève, sèche mes joues. Il a besoin de moi, je l’entends, je fonce.

En rentrant dans la chambre, je trouve mon bébé qui n’a même plus de souffle tellement il pleure, et ma collègue en train de galérer. Elle essaye de faire les choses dans les règles de l’art, super protocolisées, comme on les apprend à l’école d’infirmière. Sûrement parce qu’elle est devant nous, elle se complique la tâche. Elle n’est pas du tout à son aise, elle peine, le repique trois fois. Moi j’ai envie de crier, de lui dire « Mais arrête là, tu fais n’importe quoi, fais comme d’habitude, pose tout sur le lit, c’est tellement plus pratique, tu arriveras peut-être à monter ta perf au bout de la 4eme fois ! » mais je me tais. Parce que je sais à quel point c’est difficile. Et puis finalement elle y arrive. Je feins un sourire et attrape mon fils pour lui faire le plus gros câlin de sa vie.

Le soir arrivant, avec lui l’heure de se demander qui allait rester pour la nuit. Il nous a vite semblé évident que ça serait moi, et j’aurais été incapable de partir de toute façon. Mais alors que je vais gentiment demander un lit de camp, habituellement mis à disposition des parents, on me répond que non, ça n’allait pas être possible. Le service était tellement plein à craquer qu’il ne restait même pas un lit. J’ai donc été contrainte de passer la nuit assise sur le fauteuil de la chambre, sans oreiller ni couverture, les yeux rivés sur mon mini perfusé.

Heureusement j’ai eu une sacrée compensation parce que l’infirmière de pédiatrie qui était de service ce soir là, c’était une autre de mes copines. Grande chance qui m’a permis de papoter autour d’un thé au milieu de ma nuit de chiottes. Mais surtout d’éviter de réveiller mon Just A. Parce que sinon l’équipe doit passer toutes les deux heures afin de vérifier la perf. Autant dire que je préférais le faire moi même, tranquillou pour ne pas le réveiller. Lorsque la pompe sonnait, je n’attendais évidemment pas que quelqu’un vienne, je la réglais moi-même. Cette nuit s’est donc passée tant bien que mal.

Le lendemain matin, la pédiatre nous a fait sortir avec pleins de bonnes recommandations, dont aucune ne marchera. Just A sera déperfusé après la nuit mais ne re-mangera finalement que 4 jours plus tard. La suite a été catastrophique, mais au moins on était chez nous. Malgré les traitements, cette gastro aura eu notre peau pendant une semaine, il s’est agit ensuite de requinquer notre petit warrior…

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Cette semaine a vraiment été dure à encaisser pour moi, et je ne sais pas si le fait d’être du métier m’a aidé ou plutôt porté préjudice.

Je suis assez curieuse de savoir comment vous avez vécu la situation si vous y avez déjà été confrontés. Racontez moi tout !

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Comments

  1. Je pense qu’effectivement c’était sans doute « pire » en étant toi-même dans le domaine médical, en connaissant les gestes à effectuer… Parce que quand c’est de son enfant qu’il s’agit et qu’on est de l’autre côté de la barrière, on doit se sentir 2 fois plus impuissant.
    Mon fils a été hospitalisé en urgence pour bronchio quand il avait 6 semaines. Contrairement à toi nous n’avons pas eu à attendre aux urgences car le pédiatre avait prévenu de notre arrivée/mon fils avait moins de 3 mois et était donc prioritaire. J’ai été plutôt rassurée de le voir pris en charge par des professionnels tant il avait l’air mal. Et les équipes ont été top (aux urgences ils ont pris le temps de me rassurer sachant combien voir son tout-petit perfusé et avec les lunettes à oxygène pouvait être impressionné). Je sentais mon fils entre de bonnes mains donc j’ai vite été rassurée. Après c’était un moment très hors du temps et bizarre que ces quelques jours avec lui en néonat (avec un lit pliant, youhou !). Et ça m’a beaucoup marquée. C’est un moment très angoissant et rude et je pense que tant qu’on ne l’a pas vécu on ne s’en rend pas totalement compte…
    Bon rétablissement à ton petit bout.

  2. Oh mais non j’avais pas suivi 🙁 mes pauvres
    Ici c’est papa pompier qui panique bp plus que moi qd il se passe qque chose
    Pleins de bisous à vous

  3. Merci beaucoup « kid Friendly » pour ton rassurant com! C’est chouette de savoir que tu t’es sentie rassurée et bien prise en charge par l’équipe soignante qui t’entourait. En ce qui me concerne, tu as tout compris, c’est ce sentiment d’impuissance qui a été le plus difficile à gérer… Croisons les doigts pour ne pas y revenir de si tôt!

  4. Merci ma Estamillia! Donc ça confirme ce que je pensais, nous les « habitués » des bobos, devenons flippés dès qu’il s’agit de notre progéniture ; )

  5. Eleve IDE et Maman en même temps qu’est ce que je te comprends. Le pire c’était à la mater lorsqu’ils ont dû lui faire une prise de sang et qu’ils se sont ratés. grrrr.
    Mais surtout c’est de savoir qui est terrible enfin autant en stage etc je suis pas flippe autant quand il s’agit de ma famille j’imagine toujours le pire

  6. C’est bien ça Wonder mom, j’ai aussi connu le ratage de prise de sang à la maternité, rude! Je crois qu’on a signé pour ça avec nos boulot, de mon côté dès qu’il a une gastro j’imagine déjà l’occlusion ; )
    Tu n’es pas seule lol

  7. C’est ça alors que quand c’est les autres c’est de la bobologie ^^
    N’empêche des fois on a raison de s’inquiéter en Janvier dernier Z’hom c’était ouvert le doigt au boulot aux urgences on lui a dit que c’était rien sans radio bien sûr j’ai regardé sa main 2 sec je lui ai dis d’aller de suite à la clinique de la main à Aix résultat 1 fracture ouverte du doigt, une opération et 1 mois et demi d’arrêt…
    Comme quoi l’inquiétude ça a du bon aussi

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